L’histoire du Reiki est fortement marquée par celle de son fondateur Mikao Usui
Sensei (« sensei » est un mot japonais signifiant « maître » dans le sens de « professeur »). Il est important de connaître cette histoire pour comprendre ce
qu’est devenu le Reiki aujourd’hui, notamment en occident.
La vie de Mikao Usui a été longtemps auréolée de mystère et présentée d’une manière
« légendaire ». On sait aujourd’hui que cette histoire a été « arrangée » pour que le Reiki, venu du Japon durant la 2nde guerre mondiale et juste après, puisse être accepté
par le monde occidental, en particulier à cette époque par les américains... Les recherches très sérieuses (sources citées et documents originaux) publiées en 1999 et 2000 par Frank Arjava Petter
et son épouse japonaise Chetna Kobayashi, tous deux Maîtres-enseignants de Reiki à Sapporo (Japon), permettent aujourd’hui de s’affranchir de cette légende. (1)
Connaître les sources mêmes du Reiki permet de mieux comprendre son développement
ultérieur en occident et son évolution aujourd’hui. Restituer la vérité sur la vie du fondateur du Reiki est aussi une manière de respecter sa mémoire et de lui rendre hommage. Voici son
« histoire vraie »...
Mikao Usui Sensei est né le 15 août 1865 dans le sud du Japon. Il fut marié et eut
deux enfants. Il est décédé à 61 ans le 9 mars 1926 à Fukuyama. Ses cendres sont déposées, avec celles de sa femme et de l’un de ses fils, dans le cimetière du Temple bouddhiste Saihoji, quartier
Suginami-Ku à Tokyo.
On sait qu’il dirigea une affaire commerciale qui fit faillite. A la suite de cette
épreuve, il eut le désir de donner un sens différent à sa vie. Bien qu’il n’ait pas suivi d’études universitaires, Mikao Usui avait une grande érudition des textes sanskrits du Bouddhisme.
Pratiquant bouddhiste de l’Ecole Shingon, il avait pour habitude de faire des retraites de méditation, notamment près d’une cascade au mont Kurama (appelé aussi Kuramaya), célèbre Temple
bouddhiste près de Kyoto, lieu sacré, alliant la puissance de la nature à la beauté du site. Après une retraite et un jeûne de 21 jours, alors qu’il se tenait près de cette cascade, il eut une
« illumination » (satori). Durant cette expérience, il reçut par visualisation les symboles Reiki dont il se servit ensuite pour constituer les « outils » spirituels
d’initiation et de thérapie propres à cet « art de guérison ».
Mikao Usui consacra ensuite plusieurs années à étudier les textes de différentes
écoles bouddhistes et retrouva de très anciens écrits (sans doute traduits du tibétain) qui traitaient de l’art chamanique de la guérison. Ces écrits présentaient les mêmes symboles que ceux
qu’il avait reçus durant sa méditation sur le mont Kurama...
Il se mit alors à structurer la méthode spirituelle de soins énergétiques connue
aujourd’hui dans le monde entier sous le nom générique de « Reiki » et consacra le reste de sa vie à donner des soins, des initiations et des enseignements. A sa mort en 1926, il avait
initié plusieurs Maîtres-enseignants de Reiki. Cet « art de guérison » put donc continuer à être enseigné, tout d’abord au Japon, puis essaimer dans le monde
occidental.
Ce que l’on sait aujourd’hui de la vie de Mikao Usui permet donc de rectifier la
présentation légendaire qui en a été faite jusqu’en 1999 (et parfois encore aujourd’hui...) : Mikao Usui n’était pas chrétien, ni prêtre, ni même moine bouddhiste ; il n’a jamais été
professeur à l’Université Doshisha de Tokyo, ni étudiant à l’Université de Chicago aux USA – ces deux Universités ne gardent dans leurs archives aucune trace de son supposé passage... ; il
ne s’est sans doute jamais rendu aux USA... Il n’était pas non plus Docteur, dans le sens de Docteur en Médecine : il est donc plus exact de ne pas dire « Docteur Mikao Usui »,
mais plutôt « Mikao Usui Sensei » (le terme japonais « Sensei », toujours employé en suffixe, englobe les notions de professeur, d’érudit, de docteur en Ecritures
sacrées ; au Japon, ce titre implique un grand respect pour celui qui le porte).
Il est très vraisemblable que les « successeurs » de Mikao Usui, Mr
Chujiro Hayashi et Mme Hawayo Takata, souhaitant que le Reiki se répande aux USA dans le contexte « chrétien intégriste » de l’après guerre (fortement xénophobe et en particulier
hostile à tout ce qui provenait du Japon) aient construit une « légende » à connotation chrétienne autour de la personnalité de son fondateur.
Le principe de cette « manipulation » leur a été parfois vivement
reproché... On peut s’interroger sur notre droit de leur en vouloir, nous qui n’avons pas vécu dans ce contexte historique particulier ? Je pense que nous devons montrer de la tolérance
envers eux, nous abstenir de juger et même les remercier d’avoir fait preuve de pragmatisme, ce qui a permis au Reiki de parvenir jusqu’à nous. Sans le travail courageux de ces pionniers, nous ne
pourrions pas aujourd’hui connaître et pratiquer le Reiki. En réalité, nous devons le plus grand respect à ces deux « Grands-Maîtres » qui figurent tous deux dans la lignée Reiki de tous les
occidentaux et dont nous sommes tous les héritiers spirituels en occident...
Au Japon même, le Reiki a continué à se développer jusqu’à nos jours par une lignée ininterrompue de Maîtres-enseignants. L’association fondée en 1920 par Mikao Usui, la « Usui Reiki Ryoho
Gakkaï », dirigée depuis 1998 par le Maître-enseignant Mr Masayoshi Kondo, a toutefois peu de relations avec le mouvement Reiki occidental. On y pratique le « Reiki Usui Te-Ate »
(« Reiki par le toucher des mains »), méthode initiale de son fondateur, différente de celle qui nous a été transmise en occident par son approche énergétique intuitive purement
japonaise,.
Voici maintenant comment le monde occidental a pu avoir connaissance du Reiki et
comment il s’y est développé...
Mikao Usui avait transmis son savoir à de nombreux élèves. Parmi eux, certains
étaient devenus Maîtres-enseignants de Reiki. L’un d’eux, Mr Chujiro Hayashi, ancien officier la Marine nipponne (et non pas « Docteur », comme on l’a parfois présenté...) avait ouvert
à Tokyo un cabinet de soins Reiki qui devint vite renommé.
Mme Hawayo Takata, une immigrante japonaise vivant à Hawaï, territoire américain,
ouvrière agricole qui avait une vie très dure, était atteinte d’une tumeur et vînt se faire soigner au Japon par Mr Chujiro Hayashi. Considérant avoir été guérie grâce au Reiki, elle se fit
initier par lui et poursuivit sa formation Reiki. Retournée vivre à Hawaï (où elle était née le 24 décembre 1900), elle reçut en 1938 la visite de Mr Chujiro Hayashi qui l’initia au degré de
Maître-enseignant et compléta sa formation.
Mr Chujiro Hayashi, retourné à Tokyo et voulant faire connaître le Reiki en dehors
du Japon, avait entre-temps pris le titre de « Grand-Maître Reiki », afin de le présenter aux USA d’une « manière occidentale », plus acceptable par le public américain de
l’époque. Juste avant sa mort, le 10 mai 1941 (par suicide, dont on pense que la cause fut d’ordre « patriotique »...), il nomma par lettre Mme Hawayo Takata « Grand-Maître
Reiki » à la tête du mouvement Reiki occidental naissant.
Mme Hawayo Takata donna des soins Reiki et enseigna cette méthode à Hawaï durant de
nombreuses années sous l’appellation de « Reiki Usui Shiki Ryoho » (Système Reiki Usui de Guérison naturelle) appellation qui est encore la sienne aujourd’hui. A l’âge de 74 ans, elle
se décida à former et initier les 22 Maîtres-enseignants, japonais et américains, qui iront plus tard essaimer aux USA, au Canada, en Australie, puis en Europe.
Aujourd’hui, tous les Maîtres-enseignants de Reiki dans le monde occidental en
sont les héritiers spirituels. Peu avant sa mort le 12 décembre 1980, à l’âge de 80 ans, Mme Hawayo Takata légua son titre de « Grand-Maître Reiki » à sa petite–fille Mme Phyllis
Lei-Furomoto.
Le mouvement Reiki occidental poursuivit sa croissance aux USA, après s’être scindé
en deux écoles dès 1981 : « Reiki Alliance » (système en 3 degrés), association fondée par Mme Phyllis Lei-Furomoto qui avait abandonné très vite son titre de
« Grand-Maître », et « AIRA - American International Reiki Association » (système en 7 degrés), fondée par Mme Barbara Weber-Ray, elle-même ancienne élève de Mme Hawayo
Takata. Ces deux écoles co-existent toujours aujourd’hui.
On doit à « Reiki Alliance » l’essaimage du Reiki en Europe. Mais dès les
années 1985 et suivantes, de nombreux Maîtres-enseignants européens estimèrent que les conditions de formation au Reiki étaient trop élitistes, notamment d’un point de vue financier (l’accès à la
Maîtrise était particulièrement onéreux) et le fonctionnement de « Reiki Alliance », trop américanisé, pas assez démocratique dans un monde européen en pleine mutation
sociale.
A l’initiative notamment de Mme Iris Ishikuro, autre ancienne élève de Mme Hawayo
Takata, Maître-enseignant de Reiki aux USA et au Canada (aujourd’hui décédée), qui initia plus de 100 élèves à la Maîtrise Reiki, ils se séparèrent de « Reiki Alliance » et se
déclarèrent «Maître(s) Reiki indépendant(s)».
Ce mouvement, sans structure associative constituée, garde aujourd’hui encore
d’excellentes relations avec Mme Phyllis Lei-Furomoto. Le système des « Maîtres Reiki indépendants » est divisé en 4 degrés : 1er, 2nd, 3ème ou 3-a (Maître-praticien) et 4ème ou
3-b (Maître-enseignant).
De nombreuses écoles ou courants de Reiki différents se sont développés en occident
et ceci dès le début de son histoire. Je tiens à citer à nouveau le « Reiki Usui Te-Ate » (« Reiki par le toucher des mains »), dont j’ai également reçu les initiations et la
formation. C’est la méthode initiale de Mikao Usui, une thérapie à forte dominante spirituelle qui prend ancrage dans la philosophie bouddhiste. Cette méthode a été mise en forme par Suzuki San,
nonne bouddhiste de l’Ecole Shingon, l’une des élèves directes de Mikao Usui et sa lignée continue à se transmettre aujourd’hui un peu partout dans le monde.
Le Reiki sous sa forme occidentale s’est développé presque partout dans le
monde : USA, Canada, Amérique du Sud, Australie, Europe – y compris dans l’ancienne Europe de l’Est... et même dans certains pays d’Asie où sa forme japonaise initiale n’est pas
connue !
On peut dire que l’esprit du Reiki impulsé par Mikao Usui Sensei se perpétue
aujourd’hui partout dans le monde grâce à ses différentes lignées, toutes issues de son fondateur. Dans son extraordinaire capacité d’adaptation aux sociétés très diverses dans lesquelles il se
développe, le Reiki montre une exceptionnelle souplesse. Son génie est de rester le même, en essence, sous différentes formes de présentation, selon les diverses cultures où il s’implante et en
fonction des hommes et des femmes qui ont recours à lui. C’est ce qui en fait l’une de ses nombreuses richesses.
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